Les meilleures réponses aux piratage (et les pires)

Plantons le décor tout de suite : le piratage c’est mal. Que ce soit le jeu-vidéo, la musique, le cinéma ou le logiciel, beaucoup de ce qu’on y aime n’aurait jamais vu le jour sans financement et sans des revenus attendus.

Mais pour autant on vous épargne la leçon de morale, plein de choses n’auraient pas vu le jour si personne n’avait eu cette même logique de partage. Et tout le monde n’a pas les moyens d’acheter des produits qui peuvent parfois coûter très cher (ah! l’époque des CD à 25€ minimum…) et pourquoi pas chercher à diminuer les inégalités aussi, internet peut servir à ça.

Quoi qu’il en soit, toutes ces industries se sont attaquées au problème d’une manière ou d’une autre et c’est ce qu’on va faire ici : lister dans l’ordre de la pire à la meilleure les méthodes de lutte contre le piratage, techniques ou autres. Naturellement c’est très subjectif donc n’hésitez pas à me dire si vous n’êtes pas d’accord ou que j’en ai oublié !

1. La réglementation

Ah oui on n’y pense pas toujours mais la plus bête et la plus méchante de ces méthodes, c’est de faire une loi. Ça peut avoir toutes les formes et ça peut n’être absolument pas approprié, qu’importe, ce qui compte c’est sans doute de dire plus tard qu’on s’est attaqué au problème.

Vous en voulez une ? la magnifique taxe sur la copie privée qui est d’ailleurs toujours en vigueur par chez nous… Et oui les gens, ça n’est pas né avec internet, et le piratage s’est pas mal développé dès l’ère VHS. Et quelle réponse a-t-on apporté ? Des effets de manche sur le moment et ensuite une taxe sur tous les moyens d’enregistrement qui est rapidement devenue un casse-tête à l’ère des CD/DVD/clés usb… Ah oui, et elle est censée financer la création mais le jour où quelqu’un comprendra ce qu’elle finance exactement.

Bien sûr on peut aussi parler de la Hadopi qui a longuement été débattue (où comment considérer que certaines œuvres méritent d’être protégées et les autres non), mais on aurait aussi tous les moyens qui ont un jour été envisagés pour bloquer le P2P (DPI en tête).

2. Le DRM

Le DRM c’est beaucoup de choses variées, ça va des DVD qui ne pouvaient être lus que par certains lecteurs aux systèmes complexes qu’on retrouve aujourd’hui sur beaucoup de jeux-vidéos.

Le principal problème qu’ils posent est le suivant : une fois qu’ils se font cassés (ce qui arrive toujours), ces systèmes ne sont pénibles que pour les acheteurs légitimes. Qu’il s’agisse d’avoir besoin d’être connecté à internet, de devoir s’inscrire en ligne obligatoirement ou de ne pas pouvoir changer trop de composants dans son ordinateur, ce sont des contraintes qui ne toucheront que les personnes honnêtes ce qui nous fait un brillant paradoxe.

3. Le freeware diminué

De moins en moins courant, vous vous souvenez sûrement du nombre de logiciels qui étaient disponibles sous une licence « freeware » avec des fonctionnalités diminuées ou limitées dans le temps. On peut estimer que c’est une manière de présenter son travail aux gens et de rendre plus pénible moralement le piratage derrière mais c’est aussi énormément faciliter le travail des pirates derrière qui n’avaient qu’à télécharger un crack/un keygen pour débloquer le logiciel.

À l’ère des webapps, on trouve beaucoup ce système qui s’y prête bien : un site vous offre un service dégradé en guise de démonstration et vous propose après de passer en service complet.

4. La culpabilisation des pirates

Avec plus ou moins de finesse et de manière plus ou moins cachée, cette technique qui se retrouve beaucoup dans le jeu-vidéo vise à mettre mal à l’aise le pirate, sans forcément lui bloquer l’accès au jeu.

Un exemple très intéressant est celui du jeu de gestion de studio de développement de jeu-vidéo, Game Dev Tycoon. Ses développeurs ont mis en ligne une version crackée le jour de la sortie du jeu, à ceci près que lorsque vous y jouiez, tout le monde piratait les jeux que vous conceviez. Le résultat c’est que plusieurs joueurs se sont plaints de ce « bug » y-compris sur les forums officiels et cela a donné l’occasion des les pointer du doigts.

Autre exemple plus ancien dans le jeu Zak McKracken de LucasArts, lorsque le joueur ne parvenait à répondre aux questions du jeu qui prouvaient qu’il était en possession d’un original, le jeu l’enfermait en prison et en profitait pour faire un discours moralisateur. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle le jeu est passé à la postérité 🙂

5. L’humour

C’est un peu une sous partie du précédent mais parfois, plus que de culpabiliser, les développeurs choisissent d’en rire. Les exemples récents sont légion, qu’il s’agisse des bugs de grapin de Batman Arkham Asylum, de la course ultra-ralentie de Faith dans Mirror’s Edge, des fusils lance-poulets de Crysis…

L’idée est qu’en même temps qu’on pourrit le jeu du pirate, on en profite pour faire un buzz et être sûr de voir une série d’articles rédigés pour parler de son jeu.

Et ce n’est pas propre au jeu : très récemment, une vidéo intitulée « BRICE DE NICE 3 – FILM COMPLET VF » a été mise en ligne sur Youtube où on se fait « casser » au bout de trois minutes de visionnage.

6. Le modèle prémium

Non ce n’est pas une redite du freeware diminué. Il s’agit ici de mettre à disposition un produit pleinement fini mais de proposer, contre rétribution, un service prémium.

Beaucoup de softwares sont par exemple limités aux utilisations non commerciales, mais c’est surtout un modèle qu’on retrouve dans l’écosystème open source : faire payer le soft n’aurait pas forcément de sens (bien que ça existe) donc on fait payer l’assistance, le SAV, l’aide à l’installation…

7. Le « fair price »

Vous avez sûrement déjà vu un software qui après son installation/téléchargement vous propose de faire un don ou de payer le montant de votre choix. En termes de principe c’est très séduisant : vous aimez et vous avez les moyens ? Vous payez.

En revanche, il est compliqué d’amener les gens à payer quand cela va juste leur requérir un effort supplémentaire pour aucun gain et c’est là que tout le travail doit être fait pour rendre ça agréable/ludique.

C’est un peu le penchant positif de la culpabilisation : on vous pousse non pas à vous sentir mal car vous avez piraté mais à vous sentir bien car vous estimez avoir aidé un développeur dont vous appréciez le travail… ce qui en fait une approche beaucoup plus louable.

8. Une vraie réflexion de fond

Ne nous leurrons pas : vouloir combattre le piratage est une illusion car ce n’est plus un épi-phénomène comme les vidéoclubs pirates d’hier. À partir du moment où envoyer un mp3 à un ami tombe sous le coup de la même loi que créer un business entier autour du piratage, on ne peut en vouloir à la majorité des gens de ne plus faire attention. (combien d’entre vous a regardé Game of Thrones sur OCS ?) D’autant que, comme évoqué dans le cas du DRM, parfois la version piratée est plus confortable puisqu’on ne se demande plus ce qui adviendra de notre copie si le site ferme, si on pourra la lire dans plusieurs années.

Espérons que dans les années à venir nous permettrons à la fois aux créateurs d’être justement rémunérés et au partage de rester aussi libre que possible car ce n’est pas en tuant cet esprit qu’on permettra à la créativité de s’exprimer.

 

N’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires ou sur Twitter ou à me signaler si j’ai oublié des points importants selon vous !

Emmanuel

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Emmanuel

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